Posté le 06.04.2007 par oroboros
[SIZE=14]Voici un texte que j'ai écris il y a de cela plusieurs années. En le relisant j'ai trouvé les idées assez naïves (çà fait toujours çà quand on se relit avec du recul ) mais je trouve que ces idées restent néanmoins assez interessantes, pour cela je le poste à votre disposition. Le thème reste l'ésotérisme et l'enseignement hermétique.
Pétrus avait l’habitude de venir se reposer sous un vieux chêne au cœur de la forêt voisine à son village. Ce jour là il s’endormit longuement et quand il se réveilla, il faisait déjà nuit. Troublé, il décida de regagner au plus vite le chemin qui menait à sa demeure, mais dans le noir la forêt lui semblait étrangère à celle dont il avait l’habitude de visiter.
Entouré de ténèbres il prit peur et après une recherche désespérée il se senti vaincu et perdu. Alors il se résigna à attendre le lever du soleil pour rentrer chez lui. Il s’assit au pied d’un arbre, un bâton à la main pour chasser les animaux qui pourraient venir. La fatigue le gagna et il se rendormit.
Dans ses rêves il ne cessait d’entendre des chants rythmés par des cris de joie. Il se réveilla et entendait toujours ces chants. Curieux il décida de trouver les auteurs de ce joyeux raffut. Ces bruits et ces cris le menèrent à une clairière où il rencontra ceux que ses pères nommaient les sorciers et les sorcières.
Pétrus était jeune de treize années et il ne savait trop qui étaient ces gens. De plus au village on évitait d’en parler. On lui avait seulement dit d’en prendre garde s’il venait à tomber sur leur chemin… Mais là il les observait danser autours d’un grand feu, tous habillés de rouge, de jaune et de blanc, souriant d’extase et criant entre chaque phrase de leur chant :
« Il est revenu le soleil ! I l est revenu celui qui féconde notre mère !
Notre père est de retour ! Notre mère n’est plus qu’amour ! »
Il remarqua furtivement que le soleil n’allait pas tarder à se lever à l’est. Mais enchanté par tant de joie il se rapprocha de la fête petit à petit. Un des hommes l’ayant remarqué vint à sa rencontre, et l’enfant lui demanda :
« Que faites-vous ? »
L’homme lui sourit et dit :
« Nous fêtons le retour de Dieu le Père, le Soleil de printemps qui vient féconder notre Mère la Terre de Sa Lumière. »
L’enfant réfléchi un instant et demanda :
« Vous n’êtes donc pas adorateur du diable comme le dit mon père ? «
L’homme ria et répondit :
«Le diable qui est il ? Il n’existe pas voyons ! Tout n’est que joie cette nuit ! »
L’enfant sourit et l’homme l’entraîna avec lui dans la danse et lui conta ces mots :
« Vois mon enfant, l’hiver prend fin et la Terre est comme animée d’une force magique ! Naissent les bourgeons, poussent les fleurs en attendant la venue des fruits ! Elle est notre Mère que le Soleil féconde de ses rayons divins, elle est celle qui te fournit la matière de tes vêtements, celle qui te nourrit de ses fruits, celle qui t’offre les plantes qui te guérissent lorsque le mal s’empare de ton corps, celle dont les arbres te protègent du soleil. Elle est tout en ce monde.
La terre est son corps, l’eau est son sang, le vent est son souffle et le feu est sa volonté ! Elle est la Déesse !"
Alors l’enfant voulut chanter avec tous mais ils virent arriver de la forêt un groupe de moines vêtus de noir, chacun tenant une torche à la main.
L’un d’eux s’écria :
« Vous voilà maudis sorciers ! Réunis une fois de plus en ce jour d’équinoxe pour pratiquer vos rites païens et adorer le soleil ! »
Le moine coura vers le groupe de sorciers et arracha l’enfant de la main de son compagnon et dit outré :
« Et maintenant vous initiez de jeunes corps à vos diableries ! Vous pourriez êtres brûlés vifs pour cela ! »
Un sorcier s’avança vers le moine et lui rétorqua :
« Que faisons-nous de mal ? Nous n’adorons aucune idole, aucune image taillée ! Nous fêtons uniquement le retour du Soleil divin, celui qui féconde la Terre notre Mère à tous… »
« Diableries, cria le moine. Dieu n’est ni le soleil, ni la terre, et cette dernière n’est encore moins une femme ! La femme est la cause du péché et la Terre un lieu de déchéance et une prison pour l’esprit céleste ! »
Le sorcier s’avança encore plus prêt du moine, prit la main de l’enfant et tout en remettant ses longs cheveux bouclés en arrière de sa tête d’un coup de nuque et répondit sereinement :
« La Terre est ta Mère quoi que tu puisses penser…
Elle te porte, te nourrit, te donne naissance. Elle est la matrice dans laquelle nous vivons tous sans exception !
Une caresse du vent sur ma peau et je sais que c’est elle qui me souffle un baiser, alors l’univers tout entier vibre d’un long souffle chaud au centre de ma poitrine.
Et toi moine ? Vibre-tu lorsque le vent souffle dans les branches des hauts sapins ? Ou lorsque la pleine lune brille et que les troncs des arbres reflètent l’argent de son éclat féminin ? »
L’enfant debout entre le moine et le païen avait écouté ces paroles et il regarda le ciel étoilé. Un espace infini parsemé de quelques luminaires brillants comme des joyaux s’offrait à sa contemplation. Il vit la pâleur et la tristesse de la lune, triste observatrice du monde des hommes. Il vit la pointe du soleil commençant à monter à l’horizon tel un dieu renaissant de l’enfer, dévoilant la neige blanche et pure au sommet de la majestueuse et éternelle montagne. Il vit les troncs solides des arbres pères et leurs branches s’élever au ciel pour gagner l’infini spatial.
Dans ses yeux se reflétait la beauté du monde.
Le païen le vit et il en fut ému.
Le moine quant à lui devina ce qui se passait dans la tête du jeune Pétrus, alors il rétorqua au païen tout en prenant la main restante de l’enfant :
" Amoureux du monde ! Le printemps ne sera pas éternel ! Tôt ou tard viendra la mort de ta chair. Comme en automne lorsque tombent les feuilles des arbres tomberont tes cheveux aux boucles d’or, et à l’hiver de ta vie l’objet de ta passion ne sera plus qu’une terre froide, et morte ! »
L’enfant regarda le moine et fut frappé de stupeur. La peur prit place à l’émerveillement.
Le moine heureux que son discours ait fait l’effet recherché continua :
« Que deviendrez vous pauvres fous, lorsque la mort venue vous deviendrez un esprit sans corps qui languira de désir devant des fruits qu’il ne pourra cueillir ?
Détachez-vous des liens terrestres dés maintenant et attendez avec patience ce saint jour triomphant lorsque votre dernier souffle guérira le premier. Attendez patiemment que le vent vous réduise en poussière, à ce jour si vous êtes déliés de la Terre vous serez une pure conscience libérée des entraves du temps et de l’espace ! »
L’enfant regarda les deux hommes tour à tour : le païen ignorant le moine, puis le moine fixant le païen. Il regarda le ciel, les arbres et la lune puis pensa à l’automne prochain et à l’hiver de sa vie. Il retira ses mains des deux hommes et alors qu’il allait pleurer, posant son index sur sa bouche comme pour demander le silence intérieur, le soleil se leva à l’est et illumina les moines et les païens. Mais tous furent éblouis comme par une lumière surnaturelle et dans cette clarté ils aperçurent une forme humaine.
Alors la lumière baissa en intensité et un homme s’avança vers eux.
Les moines se regardèrent ébahis et se demandèrent : « Est un ange ? »
Les païens ébahis de même se demandèrent : « Est ce un druide ? Ou le dieu soleil lui-même ? »
L’homme était grand de deux mètres, habillé d’une robe blanche à l’aspect éclatant et il tenait un bâton de sa main droite. Il était chauve et ses cheveux restants à l’arrière de sa tête tombaient sur son dos. Les moines et les païens regardaient son visage sérieux de gravité au front bombé et aux joues rondes et joufflues dont une barbe blanche entourait un sourire rédempteur.
Il inspirait le respect, de lui émanait une force positive, une gentillesse sans borne et il portait en lui la marque des dieux.
De ses yeux bleus brillant il regarda les moines et les païens puis l’enfant entre les deux groupes duquel il s’approcha pour venir poser sa main sur son épaule, et il dit :
« Combien de mensonges furent acceptés par l’ignorance ?
Je vous vois et vous entends tous parler depuis quelques temps et que vois je ?
Il y a ceux qui s’en remettent à la Terre et à ses merveilles éphémères, illusoires et sans cesse renaissantes. Combien la ronde de ce monde, la danse de la vie peut être excitante pour certains cœurs passionnés ! Mais tourner en rond peut être laborieux pour d’autres, esprits de sagesse.
Pour ces derniers la solution est de s’en remettre à l’ineffable esprit, mais ainsi ils dénigrent sa création !
En vérité mes chers frères que chacun expérimente son propre chemin, mais sachez qu’il reste personnel et que c’est la voix de vos désirs et de vos frustrations qui ne cessera de parler !
En vérité amoureux de la terre et adorateurs de l’esprit je vous le dis, votre connaissance n’est qu’une partie de la vérité car ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Et cela pour faire le miracle d’une seule chose. N’est ce pas cher enfant, dit il en regardant Pétrus.
En vérité vous adorez la même divinité sans la comprendre en totalité, et ainsi grande est votre ignorance ! Car la Divinité est Tout ce qui est. Elle est votre Père céleste et votre Mère terrestre accoucheuse de l’œuvre. »
Puis regardant Pétrus il posa sa main sur la tête de l’enfant et dit en souriant :
« Son Père est le Soleil et sa Mère est la Lune. »
Aux païens qui regardaient le soleil il leur dit :
« Voyez les magnifiques choses de ce monde poussants et croissants pour arriver à une finalité, comme pour se conformer à un plan. A votre avis amoureux de la Terre, d’où viennent les ordres et le plan de l’œuvre que vous adorez ? La Mère Terre est passive, mais qui l’anime afin qu’elle donne naissances aux formes ? »
Les païens le regardaient en écoutant attentivement et l’homme leva les yeux au ciel en guise de réponse.
Le regard des moines suivit la direction qu’indiquait l’homme en blanc. Et ce dernier les surpris en leur disant :
« Et des hauteurs de l’esprit ! Le Grand Esprit, notre Père qui est aux cieux. Comment manifeste t’il sa grandeur et sa puissance créatrice ? Où est son œuvre ? »
Amusé l’enfant voyait des païens lever les yeux a ciel essayant de penser l’invisible, et des moines observant la nature avec un semblant de vénération.
" En vérité Tout est Un et ce monde n’est qu’une projection d’un monde invisible et éternel. La haut résident les formes éternelles, invisibles et spirituelles ; et ici bas leur manifestation visible à nos yeux de chair. »
Ayant fini de parler l’homme prit la main du moine et celle du païen et les joignit au-dessus de la tête de ‘enfant et leur dit :
« Aimez vous et respectez-vous comme s’aiment le Père Divin et Céleste et la Mère Terre, soyez parents attentifs à la croissance de l’Enfant Divin. »
Et il repartit vers le soleil puis sa forme disparut dans une lumière éblouissante…
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